Nutrition: le grand mythe du cheat meal!

Un petit article dans la veine de celui que j’ai publié il y a quelques temps sur la motivation, et qui vise à casser certains mythes bien ancrés dans l’univers de la musculation. Et là, attention, on s’attaque ni plus ni moins qu’au concept du cheat meal!

Ne faites pas de cheat meals!

Pourquoi faire un cheat meal est une mauvaise idée? Je vais vous surprendre: ça ne dépend pas de ce que vous mettez dedans. En fait, c’est le concept du cheat meal que je trouve pernicieux. Tout simplement parce que cela traduit une mauvaise approche de l’alimentation.

Quel est le but premier quand on s’alimente? C’est de recharger son corps en énergie, un peu comme lorsqu’on fait le plein de sa voiture à la station essence. Et vous serez d’accord pour dire qu’il est plus efficace de faire le plein avec un carburant adapté plutôt qu’avec de l’eau ou de l’huile, par exemple. C’est pareil pour l’alimentation: il faut rechercher les aliments qui vont « recharger » le mieux le corps. Et c’est pour ça que, de fait, on va limiter les aliments trop sucrés/trop gras ou  avec des calories « vides » (pauvres en micro-nutriments).

Les cheat meals, une idée pernicieuse

Quel est le concept même du cheat meal? Un repas où on va se faire plaisir, se « lâcher » en mettant de côté le plan alimentaire qu’on respecte à la lettre le reste de la semaine. Cela va donc vous amener, de manière plus ou moins consciente, à catégoriser les aliments que vous mangez. D’un côté, les aliments « plaisir », que vous adorez manger et avec lesquels vous allez vous régaler durant votre cheat meal (souvent sur un unique repas hebdomadaire). Et de l’autre, des aliments certes sains, mais que vous ne prenez aucun plaisir à manger, et que vous vous forcez à avaler le reste de la semaine (soit une bonne vingtaine de repas). Le pire, c’est qu’à force de faire des cheat meals, vous risquez de renforcer cela, et d’apprécier encore plus les aliments « plaisir » au détriment des aliments sains. Et alors que vos cheat meals sont censés vous aider à tenir votre plan alimentaire, en vérité, c’est tout le contraire qui se produit. Au final, vous entretenez un rapport qui n’est pas sain avec la nourriture, et vous vous leurrez vous-même, mais pas de la façon que vous croyez: elle est là, la vraie « triche » du cheat meal.

Le cheat meal est incompatible d’une vision à long terme

Combien de temps pensez-vous pouvoir tenir une diète de cette façon? Quelques semaines? Sans doute. Quelques mois? Peut-être, mais j’ai des doutes. Toute une vie? Je n’y crois pas une seconde. Pour moi, compter sur les cheat meals pour tenir sa diète, c’est comme penser que les clips de motivations vont vous aider à pratiquer la musculation sur le long terme…

Pour durer, il n’y a pas de secret: il faut faire quelque chose que l’on aime. Si 20 des 21 repas que vous prenez chaque semaine (et encore, je ne compte que les « vrais » repas, pas les collations) sont composés d’aliments que vous n’aimez pas manger, dites-vous bien que l’échec est inévitable sur le long terme. Car ce que vous faites, ça s’apparente ni plus ni moins qu’à un régime basé sur la privation, du même type que ceux qu’on trouve dans les magazines féminins avant l’été, avec telle ou telle restriction. Avec des résultats qui seront au mieux éphémères, et qui s’envoleront dès que vous lâcherez le sacro-saint régime.

Mais du coup, je fais quoi?

C’est simple: vous oubliez toutes ces conneries de cheat meal, cheat day… dont on vous farcit le crâne depuis que vous avez débuté la musculation. Je me répète, mais la musculation, ce n’est pas un sprint, mais une course de fond. Apprenez plutôt à apprécier ce que vous mangez, apprenez à cuisiner ces aliments sains que vous vous forcez à manger toute la semaine. Du blanc de poulet avec du riz et du brocolis? Vous pensez vraiment que des gens sains de corps et d’esprit mangent ça toute l’année, sur toute une vie? Rajoutez des épices, des herbes, variez/multipliez les légumes dans votre assiette et apprenez à faire des compromis.

Et surtout, surtout: ayez des objectifs clair et réalistes par rapport à votre style de vie,  et une alimentation en accord avec ces objectifs.  Alors posez-vous les bonnes questions: quel type de pratiquant êtes-vous? Pro ou bien un simple pratiquant loisir? Vous participez à des concours de body-building, vous êtes en fin de sèche, et vous devez ab-so-lu-ment rechargez votre stock de glycogène pour votre défilé en slip ? Vous êtes sponsorisés par une marque et vous devez ab-so-lu-ment être sous les 10% de masse grasse pour mettre en avant tel ou tel produit? Ou bien vous pratiquez juste pour le plaisir, et ma foi, un bodyfat de 12-13% sur l’année, ça vous suffit largement? En fonction de ces réponses, vous aurez plus ou moins de marge sur ce qui est acceptable ou pas dans votre alimentation. Bref, vous voyez où je veux venir: soyez cohérent entre ce que vous faites, et ce que vous voulez vraiment. Ou de manière plus basique: si vous n’êtes pas pro, alors ne suivez pas une diète de pro.

Cet article en quelques lignes

  • Le concept même du cheat meal est néfaste et entretient un rapport malsain avec la nourriture: oubliez tout ça!
  • Ayez des objectifs clairs et réalistes par rapport à votre style de vie: c’est bien d’avoir des modèles, mais gardez à l’esprit que 99% des pratiquants de musculation ne sont ni des pro ni des youtubeurs.
  • Une fois vos objectifs bien délimités, ayez un plan alimentaire en accord avec ceux-ci: si vous êtes un simple pratiquant loisir, vous n’aurez sans doute pas besoin d’être aussi strict qu’un pro qui vit de son image et de ses performances.
  • Apprenez à cuisiner et à apprécier ce que vous devrez manger la plupart du temps: c’est bien plus sain et productif que de se raccrocher à un repas de relâche hebdomadaire où vous allez manger n’importe quoi.

 

 

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2 commentaires pour Nutrition: le grand mythe du cheat meal!

  1. Joffrey dit :

    L’idée d’avaler des cheat-meal ne serais pas la conséquence d’un apport insuffisant en calorie ? L’erreur fréquente c’est que de nombreuses personnes pensent que manger sainement inclus une restriction calorique (comme ne pas manger la peau du poulet …). Combiner avec un entraînement physique, cela peut en effet au début affiner la silhouette. Seulement sur le moyen et le long terme, l’apport calorique ne se suffisant pas, un besoin d’avaler tout ce qui passe sous le nez se fait ressentir.

    • Bastoun dit :

      Ce que tu soulignes est tout à fait vrai, mais pour moi, c’est un autre problème: c’est le fait que quand on fait l’effort de manger sainement, et bien on se rend compte que c’est difficile de monter les calories. Et que 500 kcal (par ex) de nourriture saine, ça fait bien plus de nourriture en quantité que 500 kcal de merde (qui tiennent dans un Big Mac). Le cheat meal, c’est différent: ce qu’on te vend derrière, c’est l’idée d’un repas « relâche » qui va permettre de tenir moralement, de continuer à avoir une vie sociale… Et en gros, ce que je dis, c’est que si t’as besoin de ça pour tenir ta diète, au final, t’iras pas bien loin. Après, il y a le cheat meal qui a une utilité bien précise, comme recharger les stocks de glycogène, mais pour moi, ça concerne les pros, et les 99% de pratiquants loisir restant.

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