Krav-Maga, combat dur: ce qui va arriver

Après 2 ans sans tenter de passage de ceinture en fin d’année, je suis bien décidé à tenter le passage de ceinture marron en juin prochain. Ce qui signifie aussi retrouver le « plaisir » d’échanger des coups bien appuyés pendant 2 fois 2 minutes. Petit article pour ceux qui vont bientôt découvrir leur premier combat dur et qui l’appréhendent…

Votre premier combat

Discipline relativement confidentielle il y a à encore une dizaine d’années, le Krav-Maga connaît depuis un succès qui ne se dément pas, et beaucoup de débutants qui découvrent le Krav n’ont jamais pratiqué un autre sport de combat auparavant, qui plus est en compétition. Ainsi, fort logiquement, le combat dur de la ceinture verte sera pour beaucoup d’entre eux la toute première fois de leur vie où ils se retrouveront en situation de combat, face à quelqu’un qui ne sera pas juste là pour faire du sparring ou travailler la technique. Bref, c’est un peu une grande première, avec tout le stress que cela peut engendrer.

Une attente interminable

Ajoutons à cela que ce fameux premier combat a lieu à l’issu de l’examen technique de la ceinture verte, dont le programme est relativement copieux: autant dire que lorsqu’arrive l’heure du combat, vous avez au bas mot déjà 3 heures de Krav dans les pattes… Rajoutez à cela l’attente de votre tour: en effet, un combat dur, c’est nécessairement encadré par un examinateur. Autant vous dire que selon le nombre de participants et de moniteurs, vous pouvez attendre longtemps, et la motivation peut rapidement laisser place à un certain énervement. Si vous êtes stressé, un conseil: portez vous volontaire pour passer tout de suite! Sinon, vous allez psychoter encore plus avec la durée et en voyant tous les autres combats se dérouler devant vous.

Ready? Fight!

Ça y est, vous faites face à votre partenaire/adversaire du jour. Vous avez fait du combat souple, mais vous allez voir que tout est très différent. Déjà, dans le côté un peu « solennel » de la chose: vous ne combattez tranquillement au milieu des autres, non, vous êtes au centre, et tout le monde vous regarde. Et puis c’est un combat dur, où les coups sont réellement portés. On a beau avoir tout l’équipement de protection, on ne peut pas s’empêcher d’appréhender, en particulier un gros coup à la tête. Et puis surtout, la réalité de la difficulté à combattre une personne va prendre toute sa signification durant ce premier combat dur. Pour beaucoup, c’est la toute première fois de leur vie qu’on se retrouve en face d’une autre personne en situation de combat (avec des coups vraiment portés). Cela peut impressionner, et un certain nombre de choses vont entrer en compte:

– la première, c’est que vous allez réaliser que frapper quelqu’un en garde, c’est bien plus difficile qu’on ne le pense: oubliez les pro qui balancent des rafales de coups, vous allez vous rendre compte que de passer une garde, c’est loin d’être évident.

– à l’inverse, vous aurez l’impression que la vôtre ressemble à une passoire et que n’importe quel coup un peu appuyé pourrait la traverser. Bloquer un coup, au final, c’est assez difficile.

– mais votre principal ennemi, à n’en pas douter, ça sera le cardio: sous l’effet du stress et de l’excitation, vous risquez « d’oublier » de respirer d’une part; et de partir bille en tête d’autre part, en balançant les jambes à tout va par exemple. L’addition des deux fait que vous allez être totalement cramé au bout de 30 secondes…

Comme il y a des chances que le type/la fille en face de vous ressente la même chose, très rapidement, ce combat que vous aviez imaginé/rêvé/appréhendé dans vos têtes, en prévoyant de passer telle ou telle technique un peu sophistiquée (« je vais tenter de passer un coup de pied retourné! »), et bien il va rapidement se transformer en un bon gros pugilat, où chacun des deux combattants va taper un peu comme il peut. Et je ne vous parle pas des phases au sol si vous avez le malheur d’y aller (avis purement personnel). La bonne nouvelle, c’est que vu que vous êtes dans le bain jusqu’au cou, ça ne sert plus rien d’avoir peur. Et dans les faits, c’est ce qui va se passer: vous serez essoufflé, vous aurez (un peu) mal, mais sous l’effet de l’adrénaline, vous n’aurez pas peur.

Enfin terminé!

Ça y est, les 2 fois 2 minutes sont terminées, vous pouvez serrer la main de votre partenaire sous les applaudissements des autres pratiquants. Vous êtes à bout de souffle, votre cœur bat la chamade, vous avez mal parce que vous avez pris un mauvais coup (ou plus vraisemblablement parce que l’un de vos orteils est allé taper directement contre le genoux de votre adversaire). Mais qu’importe, ces désagrément passagers pèsent bien peu par rapport à ce que vous allez ressentir maintenant: le soulagement que ce soit terminé, sans doute. Mais surtout, une petite pointe de fierté. Celle d’être allé au combat, même une fois. De s’être confronté physiquement à quelqu’un sans avoir la possibilité de s’échapper. D’avoir fait face à ses peurs, à son appréhension, et de les avoir surmontées, sans reculer, sans abandonner. Car plus que face à l’adversaire, le combat dur est un surtout affrontement contre à soi-même.

Note: j’avais écrit un précédent article sur le combat dur en Krav ici.

 

 

 

Publicités
Cet article, publié dans Arts martiaux, est tagué , , , , , , , , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s